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Evidence-Based Medicine (EBM)
« L'intégration des meilleures données de la recherche à la compétence clinique du soignant et aux valeurs du patient » [1]
Origines
- Le concept de médecine fondée sur les niveaux de preuve (Evidence-Based Medicine ou EBM) a été développé par des cliniciens canadiens passionnés d'épidémiologie clinique des le début des années 1970, dans le contexte de la formation initiale des étudiants en médecine, comme une nouvelle pédagogie « d'apprentissage par problèmes ».
- L'objectif de cette approche était de rompre avec l'enseignement traditionnel - qui consiste à apprendre (accumuler des connaissances) puis valider ces acquisitions par un contrôle des connaissances - au profit d'une démarche novatrice visant à « apprendre à apprendre ».
- Car, comme le souligne David Sackett, le « père spirituel » du mouvement de l'EBM « s'investir dans un processus d'auto-apprentissage poursuivi tout au long de notre vie professionnelle, visant à résoudre les problèmes rencontrés dans notre pratique quotidienne » [2] est bien le défi que doivent relever les praticiens soucieux d'assurer des soins du meilleur niveau.
Développement
- Ce n'est que plus tardivement, au début des années 1990, que la proposition à été étendue à la formation médicale continue sous l'égide d'un « Evidence Based Medicine Working Group » [3], regroupant les principaux acteurs impliqués dans la maturation conceptuelle du modèle.
- Il a fallu attendre quelques années de plus pour voir apparaître une définition formalisée, l'EBM étant successivement décrite comme « l'utilisation consciencieuse et judicieuse des meilleures données actuelles de la recherche clinique dans la prise en charge personnalisée de chaque patient » [2] puis comme « l'intégration des meilleures données de la recherche à la compétence clinique du soignant et aux valeurs du patient » [1].
Signification
- C'est donc un modèle de décision clinique - multifactoriel, pragmatique et équilibré - que propose l'EBM, et non une théorie, et encore moins un dogme. La « compétence clinique » du praticien y joue un rôle central pour parvenir au meilleur choix possible, dans le cadre d'une décision partagée avec le patient.
- Ceci explique l'intérêt de l'EBM dans la formation initiale des étudiants en médecine à qui il s'agit de faire acquérir la compétence qui permet de résoudre des problèmes uniques et complexes
- Dans le cadre de la formation continue, le processus d'apprentissage permanent prôné par l'EBM vise à faire le lien entre la science et la pratique, à associer la connaissance formelle, issue des résultats de la recherche, aux savoirs pratiques, acquis dans des situations réelles, au contact des patients.
- Standard méthodologique des Recommandations de Pratique Clinique et des Consensus, de la FMC et de l'EPP, l'EBM vise à combler le décalage entre les préconisations de la science et les choix de soins réels, et à harmoniser les pratiques autour du meilleur rapport bénéfices/risques démontré des options disponibles.
Références
1. Haynes RB, Devereaux PJ, Guyatt GH. La compétence du clinicien à l'ère de la médecine fondée sur les niveaux de preuve et de la décision partagée avec les patients. EBM Journal 2003;34:5-8.
2. Sackett D. De la nécessité d'une médecine basée sur des faits prouvés. EBM Journal.1996;1:5-6.
3. Evidence-based medicine. A new approach to teaching the practice of medicine. Evidence-Based Medicine Working Group. JAMA. 1992 Nov 4;268(17):2420-5.
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En toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs.
Honoré de Balzac
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