Lombalgies / lombosciatiques aigües communes
Avril 2008

Dr Pascal RICHETTE
Rhumatologue
Hôpital Lariboisière, Paris
accueil/Dossiers documentaires

III) STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE

A) Lombalgie et lombosciatique aiguës communes : leur traitement est symptomatique [1,3,4]
  1. Thérapeutiques orales
    1. Contrôle de la douleur (grade B)
      1. Antalgiques,
      2. Anti-inflammatoires non stéroïdiens,
      3. Eventuellement, décontracturants musculaires.
    2. Corticothérapie générale : efficacité non démontrée (grade C).
    3. Ceinture de contention lombaire : éventuellement bénéfique.
  2. Repos au lit.
    Le repos systématique au lit n’apporte pas de bénéfice.
    Au contraire, il paraît souhaitable de conserver le maximum d’activités tolérables (aussi normales que possible sous couvert de traitement antalgique) (grade B). Cela semble accélérer la récupération, diminuer les durées d’arrêt de travail et le passage à la chronicité.
  3. Physiothérapie, acupuncture, mésothérapie.
    En dehors de la chaleur, souvent ressentie comme sédative surtout par les patients âgés, aucun procédé de physiothérapie, acupuncture (grade B) ou mésothérapie n’a formellement démontré son intérêt.
  4. Massokinésithérapie.
    Elle a peu de place en période aiguë douloureuse.
    En revanche, elle pourrait être utile au décours de l’épisode aigu afin de prévenir les récidives, en prodiguant des conseils sur « l’hygiène lombaire ».
  5. Manipulations rachidiennes.
    1. Elles auraient un intérêt modeste à court terme dans la lombalgie aiguë.
    2. Parmi les différentes techniques manuelles, aucune n’a fait la preuve de sa supériorité.
  6. Infiltrations
    1. L’efficacité des infiltrations épidurales est discutée dans la lombosciatique aiguë,
    2. Il n’y a pas d’argument pour proposer une infiltration intradurale dans cette pathologie (grade B).

B) Cas particuliers [1]
  1. Le syndrome de la queue de cheval est une urgence chirurgicale,
  2. Les lombalgies ou lombosciatiques symptomatiques requièrent un traitement spécifique,
  3. Une lombosciatique présentant un déficit moteur (score MRC < 3) récent ou s’aggravant, ainsi que les lombosciatiques hyperalgiques doivent faire discuter un geste chirurgical.

Annexe.
Échelle MRC (Medical Research Council of Great Britain) de 0 à 5
5
Force normale
4
Capacité de lutter contre la pesanteur et contre une résistance
3
Capacité de lutter contre la pesanteur mais non contre une résistance
2
Possibilité de mouvement, une fois éliminée la pesanteur
1
Ébauche de mouvement
0
Aucun mouvement